Mon jasmin

Mon jasmin a eu ses premières fleurs,

Ensemence mon balcon de ses odeurs

Vives agrumes et sucre de miel

Parsème de blanc le sombre du ciel

Mon jasmin a fait ses premières fleurs

Pour embaumer ma vie en ton honneur

Pour enivrer mon coeur de tes senteurs

Que je cueille aux oreillers du bonheur

Mon jasmin livre ses premières fleurs

Au pays bleu de nos belles douceurs

Au tendre jardin de mon âme soeur

Où croissent les parterres du bonheur

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Souvent je suis le pire sourd…

Souvent je suis le pire sourd,
Celui qui ne veut rien entendre.

Par habitude ou par réflexe,
Tout comme le géographe
Face aux paysages complexes
Refait la carte en son cortex,
Je prends des éléments du monde
Les repose dans leur contexte.

Les longues vagues de l’extérieur,
Je les laisse se briser au loin,
Je ne suis plus cet enfant rieur
Qui tout colportait avec soin.

Mais quand tu me parles, mon amour,
Le doux visage de tes mots
Parvient sans peine à mon coeur.

Si tu regardes, mon amour,
De ton bleu le bleu de mes yeux,
Nous partageons toutes couleurs
Bien plus que le frère et la soeur.

Et si tu touches, mon amour,
De ta main avec lisses douceurs,
De mon corps quelconque partie,
C’est le grand orgue de ma vie
Qui ne joue que ta mélodie.

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Doucement par la fenêtre…

Doucement par la fenêtre

Le soleil feutré pénètre,

La chaleur bleutée de l’ombre

Ravive de ton corps l’ambre.

 

De ta peau les doux contrastes

Courtisent ma main qui rode

Près de tes reins, queue d’aronde

Et doux paradis terrestre.

Un bruit éparse et fugace

Nous parvient parfois du dehors

Traversant notre espace

Enrobé de vermeil et d’or.

Câline tu te retournes,

Et ma main va de ton ventre,

Caresse que rien n’ajourne,

Vers la fièvre de ton antre.

 

Dans nos bouches à l’unisson

Nos langues se dardent, se lancent,

Cependant que ton doux buisson

Côtoie mon vit qui s’élance.

 

Au long de ma hampe gonflée,

Tu joues de moi avec doigté

Pendant que ton pubis de fée,

Mon index l’ouvre en deux moitiés.

 

Puis lentement je m’introduis

M’attardant au col de l’amphore,

A ton doux détroit du Bosphore,

Suspendu à tes lèvres, ton huis.

 

Puis n’y tenant plus, ta liqueur

M’indiquant le lieu et puis l’heure,

Je m’enfonce en toi ivre et fort,

Pour t’aimer encore et encore.

 

Au pays des plaisirs premiers,

Tous deux unis et rassemblés

En un seul corps, vent de palmier,

Nous frissonnons comme les blés.

 

Et avant qu’en toi je m’essaime

Nous avons dit mille « Je t’aime ».

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Avec tes bras si doux …

Avec tes bras si doux

Et ta peau qui sent les fleurs

Il y a quelque chose en toi

Qui toujours me rapproche de l’enfance

Des surprises de l’été serein

Du jardin libre de grand-mère

Des galets bruissant sous le ressac

Des richesses des tiroirs

De cette couleur lumineuse comme le jour.

Avec tes bras si doux

Et ta peau qui sent les fleurs

Tu me rapproches de moi-même

Et je suis si prêt de toi

Et je suis si prêt de moi

Qu’il n’existe nulle atteinte

Qu’il n’existe nulle contrainte

Et que le chant des mésanges

Mon ange

M’atteint droit au coeur

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Penchés en avant comme à l’aube des jetées…

Penchés en avant comme à l’aube des jetées

Où se réfugient les embarcations d’amour,

Frêles esquifs perdus dans la mer alentour,

Nous lançons nos regards au loin, hors de portée.

Tes yeux brillent de paysages en attente

De parfums capiteux, d’îles libres et lentes,

De sentiers boisés qui ne se prennent qu’à deux,

De vastes clairières où la tendresse est soupente.

Pour tous ces lieux que nous possédons en commun,

Ces douces caresses que prodigue ta main,

Chaque feuille de nous est une renaissance

Sur laquelle j’écris avec la plume des sens.

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En songe légère tu m’apparus…

En songe légère tu m’apparus,

Tremblante comme une vision d’opium,

Puis nette depuis les pieds jusqu’à la pomme

Que tu tenais comme une offrande crue.

Moi, tout ensorcelé par ton corps nu,

Transi d’amour, moi qui ne suis qu’un homme

Je voulais boire le filtre en ta cornue,

Croquer et déguster ad libitum.

Ce que je fis, plus ivre que d’alcool

De croquer à pleine dents le fruit mur

Dont la peau lisse reflétait ta figure.

Bien m’en prit. Puisque sortirent du sol

Lianes de désir, arbres de plaisir

Cependant qu’une musique de mots

Plus colorés que le sont les émaux

S’échappait libre d’un feuillage de myrrhe.

Rien de plus doux que d’être le captif

De celle que l’on aime du nomitatif

A l’ablatif, et dont l’âme vermeille

Enlumine de feu tous mes sommeils.

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Fruits de silence

Quand en ton absence

Ton arbre me donne

Des fruits de silence

Vite je les cueille

Dans le bleu des feuilles

Les prends dans ma main

Sans plus d’examen

Leur peau est ta peau

Leur voix est ta voix

Et quand je les croque

Sans équivoque

Des plaisirs d’amour

En mon corps accourent

Quand en ton absence

Ton arbre me donne

Des fruits de silence

Tout contre son tronc

Je pose mon front

Et tire ma force

De plaisirs d’écorce

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