Doucement par la fenêtre
Le soleil feutré pénètre,
La chaleur bleutée de l’ombre
Ravive de ton corps l’ambre.
De ta peau les doux contrastes
Courtisent ma main qui rode
Près de tes reins, queue d’aronde
Et doux paradis terrestre.
Un bruit éparse et fugace
Nous parvient parfois du dehors
Traversant notre espace
Enrobé de vermeil et d’or.
Câline tu te retournes,
Et ma main va de ton ventre,
Caresse que rien n’ajourne,
Vers la fièvre de ton antre.
Dans nos bouches à l’unisson
Nos langues se dardent, se lancent,
Cependant que ton doux buisson
Côtoie mon vit qui s’élance.
Au long de ma hampe gonflée,
Tu joues de moi avec doigté
Pendant que ton pubis de fée,
Mon index l’ouvre en deux moitiés.
Puis lentement je m’introduis
M’attardant au col de l’amphore,
A ton doux détroit du Bosphore,
Suspendu à tes lèvres, ton huis.
Puis n’y tenant plus, ta liqueur
M’indiquant le lieu et puis l’heure,
Je m’enfonce en toi ivre et fort,
Pour t’aimer encore et encore.
Au pays des plaisirs premiers,
Tous deux unis et rassemblés
En un seul corps, vent de palmier,
Nous frissonnons comme les blés.
Et avant qu’en toi je m’essaime
Nous avons dit mille « Je t’aime ».